Un sourire radieux, gorgé de chaleur et de lumière.
Des yeux bleu saphir où scintillent les étoiles du firmament.
Des cheveux ondulant à la force du vent de la nuit.
Le goût de la peau mûre, blanche et lisse d'une femme.
La lune s'élève au dessus de moi, ronde d'une lumière inquiétante.
A genoux devant une tombe cachée par deux sépultures et un vieil arbre,
Mes mains serrent des ronces jusqu'à saigner.
Mes doigts arrachent la terre et mes ongles.
Je m'arrache les cheveux, me griffe le visage et le corps,
Désespéré par la perte de ma Vie, revenue à l'état de terre.
Un corbeau perché semble rire de moi... ignoble railleur.
Je refuse de l'oublier, je ne veux pas me séparer de ma Déesse.
Je veux rester auprès d'elle... plus loin que l'éternité ne le permet.
Une voix... toujours la même... "Regarde la lune"
Mes yeux aveuglés de larmes désespérées ne savent que voir :
La tombe où ma Vie repose à présent...
Ou bien la lune comme on me le dit...
Je ne veux pas détourner mes yeux de ma Vie...
Ma Tête est comme tranchée entre deux attractions...
La sphère de la lune m'appelle, d'une effroyable froideur.
Je ne peux plus lutter et détourne mon regard de la tombe.
Mon corps s'apaise soudain, mes yeux perdent leurs larmes.
Je me sens bien, alors que la tombe réapparaît devant moi.
Je la longe et grimpe lentement les vieilles branches de l'arbre mort.
Tout naturellement, je défais mon ceinturon de cuir,
Me le passe autour de la nuque, le fixe à la plus grosse branche...
Je sautes... rejoindre ma Vie... dans une autre tombe.