A ton image qui hante mes regards,
Ma voix se perd en paroles futiles.
A essayer d'attirer la flamme de tes yeux,
J'ai peur de brûler mes mots.
A vouloir habiller des feuilles vierges,
Les imprégner d'une élégance pareille à toi,
Elles n'en sont que plus dénudées,
Orphelines de sincérité et de sens.
Mon esprit travaille continuellement à te décrire, te dessiner,
A puiser au puit de l'inspiration et à trouver le langage juste.
Et quand je crois tenir la plus parfaite des esquisses,
Ta seule pensée la déchire, la dévore de son incandescence.
A vouloir dévoiler tes divines formes et silhouette,
Mes doigts perdent de leur vitalité au fil de l'écriture,
Ils se désordonnent dans leurs mouvements,
Déforment puis insultent ta nature profonde.
Ne voulant plus m'exprimer avec des mots dérisoires,
J'en essayes des plus doux à entendre.
Accompagné d'un instrument à six vocalises,
J'oses composer des hymnes à ton amour.
Si je ne peux te les offrir en personne,
Je m'en remets au vent pour porter ces sonorités
Jusqu'à ta fenêtre où, belle de nuit,
Tu contemples un paysage devenu rêve.
Conscient que mes notes n'ont pas plus de valuer que mes mots,
Je tente encore de nouvelles odes.
Pourtant, je sais bien, ô ma Déesse,
Que tout ce que j'écris, tu ne l'entends pas.